La problématique de la mise en oeuvre de la redevabilité humanitaire dans un contexte de conflit, cas de la RCA.

Ce travail de recherche avait pour objectif d’analyser les problèmes rencontrés par les acteurs humanitaires pour mettre en œuvre la redevabilité dans un contexte de conflit, en se basant sur le cas de la RCA et proposer les pistes de solution à cet effet.

Les objectifs spécifiques visés à travers ce travail étaient de :

  • Identifier les problèmes rencontrés par les acteurs humanitaires pour mettre en place la redevabilité dans un contexte de conflit comme celui de la République Centrafricaine ;
  • Savoir si les 9 engagements du CHS peuvent s’appliquer dans un contexte de conflit comme celui de la RCA ;
  • Proposer les pistes de solutions pour la mise en place de la redevabilité dans un contexte de conflit.

Il ressort de l’étude que la majorité des organisations humanitaires disposent de manuel ou politique de la redevabilité, d’équipe dédiée et de budgets.

Parmi les 9 engagements du CHS, les engagements les plus mis en œuvre sont :

  • Les communautés et les personnes affectées par les crises reçoivent une assistance adaptée et appropriée à leurs besoins ;
  • Les communautés et les personnes affectées par les crises ont accès à des mécanismes sûrs et réactifs pour traiter leurs plaintes ;
  • Les communautés et les personnes affectées par les crises connaissent leurs droits, ont accès à l’information et participent aux décisions qui les concernent ;
  • Les communautés et les personnes affectées par les crises reçoivent une assistance coordonnée et complémentaire ;

Toutesfois, les organisations humanitaires rencontrent des difficultés à mettre en oeuvre la redevabilité. Parmi les 9 engagements du CHS, les plus difficiles à mettre en oeuvre sont:

  • Les communautés et les personnes affectées par les crises ont accès à temps à l’assistance humanitaire dont elles ont besoin ;
  • Les communautés et les personnes affectées par les crises ont accès à des mécanismes sûrs et réactifs pour traiter leurs plaintes ;
  • Les communautés et les personnes affectées par les crises connaissent leurs droits, ont accès à l’information et participent aux décisions qui les concernent.

L’étude a permis de relever les faiblesses suivantes :

  • Manque d’un cadre opérationnel de redevabilité envers les communautés affectées : La redevabilité étant un ensemble de principe et d’engagement d’ordre général, il importe pour chaque organisation de disposer d’un cadre de redevabilité envers les populations affectées pour opérationnaliser ces principes et engagements généraux. Bien qu’il ait été mentionné par plusieurs organisations (acteurs humanitaires) d’être en possession de manuel ou politique de redevabilité, tous les aspects de la redevabilité ne sont pas pris en compte ;
  • Maigre financement : La mise en œuvre de la redevabilité a un cout puisqu’il s’agit de mettre en place des mécanismes. Le sous financement chronique en RCA poussent les acteurs à planifier plus pour les activités substantives que sur les activités d’assurance de qualité et de redevabilité. Sous prétexte de la transversalité, les fonds ne sont pas toujours alloués pour la mise en œuvre des activités de redevabilité.
  • Manque d’expertise dédiée :  La mise en œuvre de la redevabilité est un domaine d’expertise. Il s’agit de mettre en place des mécanismes de communication a deux sens, d’assurer le traitement de plusieurs données et faire des plaidoyers nécessaires pour la prise en compte des avis des communautés. Plusieurs organisations en RCA ne disposent pas de staff dédié ou du moins, le staff dédié n’est pas formé en matière de la redevabilité. Sous prétexte de la transversalité, plusieurs organisations ne jugent souvent pas nécessaire d’avoir un staff dédié.

En vue d’aider les organisations humanitaires à améliorer la mise en œuvre de la redevabilité dans le contexte de conflit, les pistes de solution suivantes sont à explorer :

  • Le ICC (Inter Cluster Coordination) et le HCT (Humanitarian Country Team) doivent prendre le leadership nécessaire et développer un cadre opérationnel au niveau pays pour la redevabilité ;
  • Le leadership au niveau de chaque organisation doit prendre l’engagement pour l’applicabilité du cadre opérationnel de la redevabilité au niveau de son organisation ;
  • Les bailleurs devraient exiger, sur base de Grand Bargain, aux humanitaires de respecter leurs engagements pris au sommet humanitaire mondial en mettant en place des mécanismes de redevabilité pour leurs programmes, notamment en mentionnant dans tout le cycle du projet tous les aspects de la redevabilité basés sur des activités précises et budgétisées ;
  • S’assurer du renforcement des compétences des staffs en matière de la redevabilité.

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