La Corruption dans l’Aide humanitaire

La coopération entre les Etats s’est développée sur la base de la solidarité humaine universelle. Ce principe, mis en relief dès l’article 2, alinéa 1 du PIDESC, conduit les États réputés riches à accompagner, du moins à supporter les Etats économiquement faibles. La finalité consiste à permettre à ces derniers de s’acquitter de leurs obligations vis-à-vis de leurs populations. Cette aide, qui peut prendre plusieurs formes, est destinée fort souvent à combattre l’hydre de la pauvreté.

Malheureusement encore, pour ces Etats fragiles, vient un moment où leurs populations, en raison de leur vulnérabilité, sont terrassées par des catastrophes naturelles ou d’origine humaine, dont, entre autres, cyclone, séisme ou guerre. En effet, à première vue, ces pays sont fort souvent pauvres et dotés d’infrastructures précaires ; d’où leur incapacité à donner une réponse adéquate à l’urgence de la situation ou à satisfaire les besoins immédiats des innombrables victimes.

Evoqué déjà depuis la Charte des Nations Unies (art. 1) et repris par d’autres instruments juridiques internationaux, les Etats et les organisations internationales ont l’obligation de venir en aide aux pays frappés par une crise humanitaire. Cette « action de secours à caractère humanitaire » de la communauté internationale vise autant à soulager les souffrances des victimes qu’à protéger leur dignité et leur droit au bien-être que cristallisent de manière explicite ou implicite le droit international et certaines résolutions des Nations Unies.

Malheureusement, malgré l’existence de ce cadre légal et des principes régulant l’action humanitaire, l’aide est souvent détournée tant de sa destination finale que de ses objectifs. Cet acte de corruption incombe autant à l’Etat qu’aux autres acteurs, ONG, organisations internationales, organismes gouvernementaux, fonctionnaires publics. Sans équivoque possible, cette situation ne peut que priver les bénéficiaires de l’aide de leur dignité humaine, de la satisfaction de leurs besoins fondamentaux.

En somme, en se plaçant du point de vue que « l’aide humanitaire est un droit », la corruption qui y est associée ravit aux populations victimes la jouissance de leurs droits, par exemple, à la nourriture, à l’éducation, à un abri sûr et à des soins médicaux. En d’autres termes, la corruption observée dans le processus de la distribution de l’aide humanitaire constitue purement et simplement une violation des droits fondamentaux des bénéficiaires. Cette violation peut même s’apparenter à un crime qui, au regard des droits national et international applicables, demande justice et réparation. À cet égard, s’impose alors à la communauté internationale, porteuse d’obligations, la nécessité d’envisager des mesures spécifiques pour lutter contre cette forme de corruption du fait que celle-ci porte de graves préjudices tant aux donateurs qu’aux populations bénéficiaires de l’aide.

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